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Edito

 La  loi du 11 février 2005 annonçait de profonds changements quant  au regard que notre société et plus particulièrement ses institutions portaient sur la situation des personnes handicapées. L’un des objectifs centraux s’intéressait à l’amélioration de la scolarisation des enfants handicapés et précisément à l’organisation de parcours de scolarisation qui prendraient essentiellement pied dans l’Ecole en favorisant une logique d’inclusion et de proximité. Cette orientation a été à l’origine d’une véritable impulsion et aujourd’hui, 71 % des enfants handicapés scolarisés le sont en milieu ordinaire et le nombre d’enfants solarisés au sein des établissements spécialisés a régulièrement diminué.

 

La rentrée scolaire vient de s’achever, et le sujet mérite qu’on trace un bilan et quelques perspectives d’autant qu’une enquête du Défendeur des droits[1]révèle que une très large majorité des parents d’enfants handicapés, rejoint en ce sens par les élèves concernés, sont favorables à une scolarisation au sein de l’Ecole.  Et l’autorité indépendante d’ajouter : que cela « nécessite que soient développées les mesures permettant de garantir la scolarisation effective et dans de bonnes conditions des enfant handicapés en milieu ordinaire, notamment développer l'offre de formations et de nouveaux outils pédagogiques adaptés et renforcer l'accompagnement humain au service des élèves et des équipes pédagogiques ». En ce sens, 2000 auxiliaires de scolarisation ont été recrutés pour accompagner, dès ce début d’année scolaire, les enfants handicapés au sein du milieu scolaire ordinaire. Ils remplaceront progressivement l’ancien dispositif sans pour autant qu’aucune garantie n’ai été donnée pour  l’instant sur le processus de qualification  et de pérennisation des postes et des compétences.

 

Le sénateur Paul Blanc dans son rapport[2]au président de la République préconisait les mêmes orientations et appelait des ses vœux une meilleure coopération entre l’Education Nationale et le secteur social et médico-social en invitant à une articulation renforcée des ARS et des Rectorats tout en souhaitant qu’un volet scolarisation soit systématiquement inclus dans les projets des ESMS visant à favoriser la scolarisation a l’Ecole.

 

Le souhait de voir se renforcer les coopérations entre les dispositifs institutionnels a été repris par le Président de la République lors de la Conférence du Handicap en juin dernier. Sur la base des propos tenus par le Président, on peut estimer que la mesure des enjeux entourant la question de l’inclusion scolaire annonce en effet  la mise en chantier de  « l'amélioration des pratiques d'évaluation des MDPH en matière d'orientation et d'accompagnement scolaires pour une meilleure équité de traitement et une meilleure adéquation aux besoins » et précise que les établissements et services spécialisés devraient « basculer d'une organisation de la prise en charge par structure vers un fonctionnement en dispositif d'accompagnement ; en conséquence, repenser le dispositif d'orientation des enfants handicapés ».

 

L’orientation, la formation, la coopération sont sans aucun doute les trois défis majeurs que l’ensemble des acteurs de la scolarisation de l’enfance handicapée doivent relever à l’avenir pour permettre à ces élèves qui présentent des besoins spécifiques de vivre l’Ecole de l’intérieur au même titre que tout un chacun et de développer les compétences qui faciliteront leur inclusion sociale et professionnelle et leur permettant ainsi de faire un grand pas vers une citoyenneté active.

 

Nos établissements sont donc au cœur de ce mouvement à deux titres au moins : d’une part, parce qu’il nous revient de permettre aux élèves que nous accueillons d’accéder à la Cité et en tout premier lieu à son Ecole et qu’il nous faut donc  nous inscrire résolument dans des partenariats  déterminés avec l’Education Nationale et les MDPH ; d’autre part, parce que nos pratiques, nos modes de prise en charge, notre panel de prestations vont s’en trouver profondément modifié nous conduisant à réfléchir sur la problématique de la désinstitutionalisation, sur la mutation de nos logiques d’accompagnement et sur le redéploiement de nos missions.